Nettoyage au laser des textiles patrimoniaux
par Margot DUBOST, conservatrice-restauratrice du patrimoine textile, responsable du projet NetLaPaTex.
par Margot DUBOST, conservatrice-restauratrice du patrimoine textile, responsable du projet NetLaPaTex.
Les encres métallo-galliques, utilisées majoritairement pour l’écriture, sont connues pour leur potentiel dégradant sur les papiers soumis à des conditions instables d’humidité. Cette étude cherche à explorer l’impact spécifique du cuivre et du zinc, associés au fer, dans la dégradation du papier. Dix formulations expérimentales d’encres ont été fabriquées en changeant les proportions des sulfates de zinc et de cuivre, puis appliquées sur du papier Whatman. Les échantillons ont subi un vieillissement artificiel en condition humide, des mesures de pH, des tests de traction et des analyses colorimétriques. Les résultats montrent que les encres contenant du cuivre fragilisent fortement le papier en comparaison au zinc qui semble atténuer les effets oxydants du fer. De plus, des observations visuelles des échantillons nous ont permis de comprendre que l’ajout de sulfate de cuivre et de zinc influent également sur la teinte des encres ; ces observations ouvrent des pistes pour une meilleure compréhension des mécanismes de dégradation des documents anciens possédant des sulfates métalliques.
La présente étude porte sur des ornements en cheveux bouclés des îles Marquises conservés au musée du quai Branly – Jacques Chirac, dont il apparaît qu’ils sont moins sujets aux infestations d’insectes que d’autres œuvres réalisées en cheveux non bouclés. Ces objets ayant reçu un traitement thermique pour la mise en forme de leur boucles, l’équipe de conservation du musée a émis l’hypothèse que la chauffe pourrait avoir une influence sur leur conservation.
Nos expérimentations visent à tester l’hypothèse selon laquelle la dénaturation subie par la kératine chauffée diminuerait l’appétence des insectes. Pour réaliser des échantillons à tester, nous nous sommes efforcés de reproduire la technique de bouclage dans un four dit « polynésien », puis de caractériser la dénaturation de la kératine au moyen de différentes analyses.
Le 7 novembre 2024, l’Institut national du patrimoine a accueilli le colloque international « Vibration & conservation ». Ce colloque était suivi d’une journée d’ateliers pratiques au laboratoire de recherche de l’INP à Aubervilliers.
Le gel d’attapulgite est un gel pelable mis en œuvre en conservation-restauration lors de nettoyages de surface, en particulier sur les plâtres. Sa capacité d’absorption de l’encrassement, la facilité de son retrait et son impact a priori limité sur les œuvres ont contribué à son importante diffusion. Toutefois, la nature chimique des différents composants du gel d’attapulgite soulève des interrogations quant à l’innocuité de ce protocole pour les plâtres. En effet, des professionnels ont observé de possibles contaminations salines sur des plâtres traités au gel d’attapulgite, questionnant le bien-fondé du protocole. La présente expérimentation propose de comparer des éprouvettes de plâtre non traitées et des échantillons ayant reçu un gel de nettoyage. Plusieurs ions présents dans les composants du gel d’attapulgite (Cl−, Ca2+, SO42-, NaCl), possiblement vecteurs de sels, y font l’objet de mesures quantitatives destinées à identifier d’éventuels apports chimiques après traitement. Une nette augmentation du taux de chlorures et de la conductivité des échantillons traités atteste une interaction entre le gel et la surface du plâtre.
Qu’ils fassent l’objet de cours magistraux ou de travaux pratiques en laboratoire, les enseignements scientifiques ont une implication directe dans la compréhension des phénomènes liés à la composition des objets, à leurs altérations et aux produits utilisés pour les restaurer. Ces connaissances servent de support à la conception du traitement et à sa mise en œuvre sur l’objet en atelier : elles sont capitales pour procéder à des choix éclairés.
Compte rendu du 31e colloque « Color Imaging Conference » (Paris, France, 13-17 novembre 2023).
Cette étude vise à déterminer la viabilité du chitosan et du Klucel® M comme adhésifs alternatifs au Paraloïd® B44, par comparaison de leur pouvoir adhérent respectif. Pour cela, le comportement de ces résines est observé en soumettant des éprouvettes à trois tests de contrainte mécanique : cisaillement, clivage et traction.
Les œuvres placés en extérieur sont exposés à des facteurs de détérioration plus nombreux et plus actifs que celles conservées en intérieur. L’absence de contrôle du climat est l’un des principaux facteurs de détérioration. Parmi les mesures de protection inscrites dans leur plan de conservation préventive, de nombreuses institutions françaises, tels le château de Versailles et le Louvre pour le jardin des Tuileries, emploient des housses de protection textile afin de limiter les inévitables dégradations de leurs œuvres exposées aux intempéries.
Le présent article porte sur l’étude de l’efficacité, en période hivernale, de l’isolation thermohydrique proposée par une housse de protection textile adaptée aux sculptures en extérieur. L’étude comparative des climats (humidité relative et température) intérieurs et extérieurs d’échantillons de housses lors de leur exposition à des normes de précipitations issues de la météorologie reproduites en laboratoire permet d’apporter quelques premiers éléments de connaissance.
Nathalie PALMADE-LE DANTEC est chargée de la formation continue, adjointe au directeur des études du département des restaurateurs du patrimoine. Elle a démarré son doctorat par le projet en 2020, mention « Conservation-restauration du patrimoine ».
Natacha FRENKEL, restauratrice du patrimoine, a démarré son doctorat par le projet en 2019 (mention « Conservation-restauration du patrimoine »).
Marion CINQUALBRE, restauratrice du patrimoine, doctorante rattachée au laboratoire de l’INP, a démarré son doctorat par le projet en 2019 (mention « Conservation-restauration du patrimoine »).
Les polyuréthanes ont mauvaise réputation en raison de leur instabilité chimique, des dégradations qu’ils peuvent provoquer sur les matériaux placés à leur contact et de la relative impuissance des acteurs patrimoniaux à prévenir ou traiter ces altérations. Pourtant, les polyuréthanes sont présents dans la plupart des collections contemporaines…